Bernard Cazeneuve a coordonné samedi soir une réunion de crise Place Beauvau. Plusieurs mesures, notamment de nouvelles interdictions de stade, à l’encontre de hooligans sont à l’étude.

"Nous sommes en réunion de crise", confiait samedi soir, à 23h50, Bernard Cazeneuve au JDD. À l'initiative du ministre de l'Intérieur, la réunion d'urgence a été organisée juste après le match de Marseille où de violents incidents ont eu lieu en marge du choc Angleterre-Russie. Depuis le début de l'Euro, une "cellule d'analyse des risques" fonctionne 24 h sur 24 au ministère de l'Intérieur.

Samedi soir, en liaison téléphonique avec le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Laurent Nunez, coordinateur des différents effectifs concernés par les incidents de la journée (marins-pompiers, armée, police, gendarmes), le ministre de l'Intérieur s'est fait communiquer un bilan précis des événements. Selon nos sources, Laurent Nunez a fait état lors de cette réunion de quatre blessés graves, tous de nationalité britannique. Parmi eux, le cas d'un homme "dont le pronostic vital est engagé". Cet Anglais aurait été attaqué dans l'après-midi par des supporters russes armés de barres de fer. "A priori son état est stabilisé ce soir [samedi]", a indiqué le préfet au ministre de l'Intérieur.

Une menace pour la suite de la compétition

Autre élément apporté par Laurent Nunez, coordonnateur sur place des forces de l'ordre, l'absence d'incidents graves dans les tribunes sud du Vélodrome en toute fin de rencontre et ce contrairement à une rumeur propagée sur les réseaux sociaux. "Il y a eu des supporters russes qui sont effectivement entrés au contact avec des Anglais, mais cela n'a duré que trente secondes. La police n'a pas eu besoin d'intervenir dans l'enceinte du stade, les personnels à l'Intérieur du Vélodrome ont fait leur travail. En tout cas, il n'y a eu aucun blessé à ce moment-là", a expliqué le préfet à son ministre.

«On ne va pas prendre tous les supporters en otages à cause d'une minorité d'énergumènes»

En riposte à ces événements de samedi, qui constituent d'ores et déjà une menace pour la suite de la compétition, plusieurs mesures devaient être débattues Place Beauvau, puis, vraisemblablement, dès dimanche matin, au sommet de l'État. Exclure immédiatement certaines équipes à risque pour cause de dérapages de leurs supporters? Renforcer les interdictions de stades et/ou de fan-zone? En clair, repérer des supporters anglais et russes susceptibles d'avoir provoqué des désordres samedi et faire en sorte qu'ils ne puissent plus suivre les prochaines rencontres de leur équipe? "Cette dernière mesure est à l'étude", confiait samedi soir au JDD une source informée. "Nous allons renforcer les mesures individuelles d'interdiction", ajoutait cette source. En liaison avec les pays concernés, les autorités policières pourraient ainsi grossir leurs listes "d'interdits de paraître dans les stades et à proximité"… Avant l'Euro, à la demande des autorités françaises, le gouvernement britannique avait déjà retenu les passeports de 3.000 hooligans répertoriés.

Faut-il aussi envisager des matches à huis clos? "On ne va pas prendre tous les supporters en otages à cause d'une minorité d'énergumènes", se désole, pour sa part, le ministre des Sports, Patrick Kanner, qui était à Marseille samedi et estime que le centre opérationnel départemental de la préfecture a "très correctement géré" la situation. Selon l'agence de presse AP samedi soir, l'UEFA a ouvert une enquête disciplinaire visant "principalement la Russie".

Laurent Valdiguié et Stéphane Joahny - Le Journal du Dimanche

Source:lejdd.fr